La culture amazighe habilitée à devenir un levier du processus

Publié le par Foire2Fès

La culture amazighe est habilitée à devenir l'un des leviers du processus démocratique et de développement au Maroc, a affirmé, jeudi à Fès, le recteur de l'Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM), M. Ahmed Boukous.

"Conscients que les valeurs fondamentales de la culture amazighe s'inspirent de la démocratie et la modernité, nous soulignons qu'elle est habilitée à devenir l'un des leviers du processus démocratique et de développement dans lequel s'est engagé le Maroc", a dit M. Boukous, qui s'exprimait lors de l'ouverture d'un congrès international sur le multiculturalisme et la démocratie dans le monde musulman.

"L'intégration de la culture amazighe dans l'enseignement, la formation, les médias, la recherche scientifique et dans la pensée contemporaine et son adoption dans les institutions et la société sont susceptibles de promouvoir cette culture et de renforcer sa place dans le monde musulman", a-t-il relevé, lors de cette rencontre, initiée dans le cadre du 5è Festival de Fès de la culture Amazighe.

Il a indiqué, dans ce sens, que les festivals de Fès de la culture Amazighe et Timitar d'Agadir jouent un rôle crucial dans la promotion de cette culture et la célébration de la diversité.

Revenant sur le thème de ce colloque, M. Boukous a fait remarquer que la relation entre la démocratie et la diversité culturelle dans le monde musulman doit suivre une approche qui prenne en considération les déterminants et indicateurs politiques, économiques et sociaux sur les plans international, régional et local.

Il a mis l'accent sur "la nécessité historique" pour les pays musulmans de s'ouvrir sur la mondialisation, au lieu de se renfermer sur soi et tomber dans le joug du communautarisme.

Et d'ajouter que "la question que doit se poser le monde musulman aujourd'hui porte sur la manière de s'intégrer dans la culture contemporaine pour assurer à ses citoyens les conditions de vie décente et à ses cultures les conditions de développement".

Pour sa part, le président de l'université Sidi Mohammed Ben Abdellah, M. Farissi Serghini, a souligné que les pays musulmans sont plus que jamais appelés à réfléchir sur les meilleurs moyens de parvenir à une "approche intégrée de diversité culturelle", donnant la priorité au volet humain et ouvrant la voie à l'interaction entre culture et développement durable.

Il a, à cet effet, relevé que le Maroc a constitué depuis toujours un modèle de diversité culturelle et linguistique, puisant sa richesse dans ses racines arabes, amazighes, sahraouies, africaines et andalouses, tout en s'ouvrant sur d'autres cultures et civilisations.

"Et c'est pour consacrer cette diversité que la charte nationale d'éducation et de formation a été mise sur pied", a-t-il noté.

Il a ajouté que l'université tient aussi à appliquer la diversité culturelle dans notre pays, à travers la création de filières d'études amazighes et la conclusion de partenariats avec des instituts spécialisés dans les recherches amazighes.

Pour Fatima Sadiqi, de la Fondation Esprit de Fès, organisatrice de cette manifestation, "l'organisation de ce festival vient apporter une pierre à l'édifice de la modernisation et la dynamisation du champs culturel marocain et jeter les bases de communication avec d'autres cultures".

Cet événement s'inscrit pleinement, a-t-elle dit, dans les efforts visant la démocratisation de la culture et la promotion du grand projet de développement de la culture amazighe, sur les plans économiques, sociaux, politiques, éducatifs et culturels.

Organisée notamment en partenariat avec l'Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) et le centre Sud-Nord pour le dialogue interculturel, le festival comprend deux volets, l'un consacré aux débats sur le multiculturalisme et l'autre dédié à la chanson et à la poésie amazighe et populaire.

Des intellectuels et artistes venus d'une vingtaine de pays animeront ainsi les travaux et soirées de ce festival, qui prendra fin dimanche prochain.

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