Santé et Ecologie : Gestion des espaces verts : Fès concède l’entretien au privé

Près de 30 millions de DH ont été investis dans l’aménagement et la création de nouveaux espaces verts dans la capitale spirituelle durant les quatre dernières années. Selon Mohamed Anass Alej, chef du service des espaces verts à la communauté urbaine de Fès, l’objectif est d’avoir une fleur pour chaque habitant. Des travaux structurants de création de coins de verdure, et ce, depuis les principales entrées de la ville jusqu’aux quartiers Bendebbab, Batha... en passant par les grands boulevards, ont été menés. «Aujourd’hui, ces espaces constituent un véritable poumon et s’offrent aux citoyens et visiteurs comme des lieux de détente et de villégiature», indique Alej. Et d’ajouter qu’outre les platanes et les palmiers, la plantation de nouvelles espèces comme les washingtonias, les cocos et les phoénix a eu un véritable succès décoratif. Un succès dont témoignent, d’ailleurs avec beaucoup d’admiration, les habitants des avenues Hassan II, Allal Benabdellah, Route d’Imouzzer et Route de Sefrou. «L’aménagement des artères et l’implantation de toutes sortes d’arbres, fleurs et gazon ont permis d’avoir aujourd’hui plus de 4m2 d’espaces verts par habitant», explique le responsable communal. Selon lui, ce ratio augmentera davantage avec la finalisation des projets en cours, notamment celui de la ceinture verte au sein des quartiers Al Karaouiyine et Al Bahia.Aussi, la réalisation du «jardin botanique» et d’un «parc d’oiseaux» boostera l’image de Fès.
D’un investissement de 60 millions de DH, ces deux projets, dont les budgets sont déjà attribués et les études réalisées par des paysagistes professionnels, seront lancés début juin sur une superficie de 25 ha.
Rappelons que l’idée du jardin botanique est née de l’exposition itinérante «Le Jardin andalou» qui avait débarqué il y a quelques années à Fès. Inaugurée dans la ville de Cordoue en 2004 et après une étape au dernier Salon international de l’agriculture de Meknès, celle-ci avait été organisée du 3 mai au 5 juin au siège de la région de Fès-Boulemane et a eu un franc succès.
S’agissant du futur jardin, les responsables communaux le veulent comme un réservoir d’oxygène pour toute la population. Situé au quartier Oued Fès, le site de ce projet (15 ha) accueillera des plantations de toutes sortes (fleurs, arbres...). Il sera doté de fontaines et de cours d’eau. Question de rappeler la vocation d’antan de Oued Fès alors qu’on l’appelait Oued El Jawahir. Ainsi, le jardin botanique présentera une grande variété de plantes surtout celles connues dans la région de Fès. D’autres espèces étrangères devront également y être cultivées.
Par ailleurs, une fois prêt, le premier jardin botanique de la ville sera ouvert aux amateurs des plantes, mais plus spécialement aux étudiants des établissements scolaires dans le cadre d’excursions. En outre, les espaces verts de cet endroit devraient participer à l’amélioration de la qualité de l’air. Ils nécessiteront donc un entretien particulier. A ce propos, la commune entend concéder la gestion de ce secteur dès l’année prochaine. L’entretien se fait actuellement grâce aux propres moyens de la ville. Celle-ci veut un partenariat avec une entreprise privée pour déléguer ce marché, estimé à quelque 20 millions de DH/an. Il s’agit, en effet, d’une concession à un délégataire qui pourrait être fixée à une durée de 9 ans avec un suivi rigoureux et un cahier des charges. «Ce partenariat a pour objectif l’amélioration de la vie dans l’espace urbain. Les retombées escomptées ne peuvent être que positives, que ce soit pour les habitants de Fès, les usagers de la route ou les piétons», explique un responsable de la ville. Et d’ajouter que le futur délégataire devra assurer, outre l’entretien des espaces verts, l’arrosage, la plantation des arbres, arbustes et des fleurs de saison, et la réhabilitation des jardins.
En ce qui concerne l’entretien, l’entreprise sera tenue de disposer d’un «personnel qualifié pour garantir la maintenance du secteur». De fait, les travaux d’entretien comprennent la tonte des surfaces gazonnées, la fertilisation de base et d’appoint, les traitements phytosanitaires, l’arrosage, le fleurissement et la plantation d’arbustes, les soins et le nettoyage.
Pour ce dernier volet, l’accord prévoit l’arrachage, le ramassage et l’évacuation des plantes adventices ainsi que des papiers et détritus. L’objectif étant de rehausser l’image de la capitale spirituelle en offrant de «vrais» coins de verdure à ses habitants ainsi qu’à ses visiteurs. La convention insiste sur une «gestion professionnelle». D’autre part, une équipe se penche sur la réalisation d’un «plan vert» pour la ville. Initié par l’Agence urbaine, ce plan se veut comme un chemin vert pour les plantations.
Youness SAAD ALAMI
Source : fespub.net
Publicité