Un prophète, roi des Césars

Publié le par Foire2Fès

«Au bout d'un moment, c'est peut-être gênant », a commenté Jacques Audiard, dont le film Un prophète a raflé 9 récompenses.

Sans surprise, le film de Jacques Audiard a raflé la plupart des récompenses, comme les Césars du meilleur film, du meilleur réalisateur, du meilleur espoir masculin, du meilleur second rôle masculin et celui du meilleur scénario.

Sans surprise, le film de Jacques Audiard a raflé la plupart des récompenses - 9 sur treize nominations - : meilleur film, meilleur réalisateur, meilleur acteur, meilleur scénario...De quoi faire manquer de rythme à une soirée, pourtant moins ennuyeuse que les années précédentes, grâce au duo comique Valérie Lemercier - Gad Elmaleh.

Tahar Rahim, meilleur espoir masculin.
Tahar Rahim, meilleur espoir masculin.

• Meilleur espoir masculin . Première récompense de la soirée pour Un prophète et son héros Tahar Rahim. «La soirée de tous les possibles, vous avez déjà vu un beurre fondre?», plaisante-t-il. «J'ai eu la chance de ne pas avoir choisi ma famille, je dédie [cette victoire] à ma mère». Pour son rôle dans Un prophète, il a déjà reçu le prix du meilleur acteur du cinéma européen, le globe de cristal du meilleur acteur, l'Etoile d'or de la presse du cinéma français et le Prix lumière du meilleur acteur. Pour Un prophète, il est nominé à la fois pour le césar du meilleur acteur et celui du meilleur espoir masculin

» Lire la critique du prophète

•Meilleur second rôle féminin. Emmanuelle Devos dans A l'origine. C'est son deuxième César.L'actrice a obtenu en 2002 le césar de la meilleure actrice pour Sur mes lèvres de Jacques Audiard.

» Lire la critique d'A l'origine

• Meilleur scénario. Deuxième récompense pour Un prophète. C'est le troisième César du meilleur scénario qu'obtient Jacques Audiard. Les quatre scénaristes du film, Jacques Audiard, Thomas Bidegain, Abdel Raouf Dafri, et Nicolas Peufaillit montent sur scène. Le rôle de Jacques Audiard est particulièrement salué par ses collègues pour avoir «transformé une voiture en fusée».

 

Emmanuelle Devos, meilleur second rôle féminin.
Emmanuelle Devos, meilleur second rôle féminin. Crédits photo : AFP

• Meilleure adaptation. Le film Mademoiselle Chambon a reçu ce soir le César de la meilleure adaptation, des mains de Sandrine Kiberlain, actrice principale du film. Les auteurs du texte, Stéphane Brizé et Florence Vignon ont chaleureusement remercié Sandrine Kiberlain, Vincent Lindon et Aure Atika, les trois interprètes, ainsi que le réalisateur, Stéphane Brizé, «dont l'audace nous impressionne».

» Lire la critique de Mademoiselle Chambon

Meilleur son. Le Concert, film préféré des internautes du figaro.fr, a remporté son premier César avec la récompense du meilleur son. «C'est impressionnant d'être ici pour nous car on y a tourné le film» (au théâtre du Châtelet), confient les lauréats, qui remercient leur réalisateur, Radu Mihaileanu, avec qui ils travaillent de longue date.

» Lire la critique du Concert

Meilleure photo. Un troisième trophée s'en va dans l'escarcelle du prophète, devant une frange de conquis. Stéphane Fontaine avait déjà été récompensé pour Sur mes lèvres toujours de Jacques Audiard.

Meilleure musique. Après trois nominations, Armand Amar remporte son premier César et permet au Concert de décrocher son deuxième trophée de la soirée. Le compositeur remercie le réalisateur Costa-Gravas, avec qui il a travaillé sur Amen, et «sans qui il ne serait pas là». Avant de remettre la statuette, la comédienne Jeanne Balibar crée la surprise - ou la consternation - en interprétant sur scène une chanson, «mon porc», agrémentée de grognements de cochon.

 

Valérie Lemercier et Gad Elmaleh n'ont pas ménagé leurs efforts pour divertir la salle.
Valérie Lemercier et Gad Elmaleh n'ont pas ménagé leurs efforts pour divertir la salle. Crédits photo : AFP

Meilleure première oeuvre. La récompense revient à Riad Sattouf pour le très beau succès en salle les Beaux Gosses, qui relate les déboires d'un adolescent moyennement intelligent débordé par ses pulsions. «Mon premier métier c'était la bande dessinée. Les producteurs que j'ai rencontrés me faisaient toujours un peu peur… Je remercie ma productrice Anne-Dominique Toussaint de m'avoir permis de faire le film que je voulais», rappelle Riad Sattouf, qui remercie également ses jeunes acteurs, les deux «beaux gosses», Vincent Lacoste et Anthony Sonigo.

» Lire la critique des Beaux Gosses

» INTERVIEW - Riad Sattouf : «J'ai filmé à hauteur d'adolescent»

Meilleur second rôle masculin. Niels Arestrup complète les gains d' Un prophète. Les jurés l'ont notamment préféré au rappeur Joey Starr en lice pour le très novateur le Bal des Actrices . «J'ai eu la chance de jouer deux fois pour Jacques Audiard», rend hommage l'acteur, qui avait déjà reçu le césar du meilleur acteur dans un second rôle pour sa formidable interprétation du père de Romain Duris dans De battre mon cœur s'est arrêté, de Jacques Audiard.

Niels Arestrup salue également de manière appuyée son partenaire dans un Prophète, Tahar Rahim. Le trophée lui a été remis par une Laetitia Casta très apprêtée, dont la robe, transparente, a ravi les yeux du public, Gad Elmaleh en tête.

 

Niels Arestrup, meilleur second rôle masculin
Niels Arestrup, meilleur second rôle masculin Crédits photo : AFP

Meilleur court-métrage. Le film C'est gratuit pour les filles - qui relate le parcours de deux jeunes filles qui veulent ouvrir un salon de coiffure - a reçu le César du meilleur court-métrage. Long de 23 minutes, le film -réalisé par Marie Amachoukeli et Claire Burger- avait été présenté à la Semaine de la Critique lors du Festival de Cannes 2009.

Meilleur espoir féminin. C'est Mélanie Thierry, pour son interprétation de Magali, une jeune alcoolique, dans Le Dernier pour la route, qui remporte la précieuse récompense, obtenant ainsi le premier César de sa carrière.

«Ce film m'a fait du bien, j'étais seulement déprimée à l'époque. J'ai appris que les personnages n'étaient pas que source de destabilisation mais aussi un vrai pouvoir de guérison », a déclaré la jeune femme, qui a chaleureusement remercié son partenaire dans le film, le talentueux François Cluzet. L'actrice a également salué son compagnon, le chanteur Raphael, et leur bébé, Roman. «Je vous ai sacrément dans le peau», a-t-elle lancé, visiblement très émue. «La route est longue, et je sais que ce qui importe, ce n'est pas sa longueur mais où on arrive au final».

» Lire la critique Le dernier pour la route

» Interview - François Cluzet : «Il faut partir de ses faiblesses»

Mélanie Thierry, meilleur espoir féminin.
Mélanie Thierry, meilleur espoir féminin. Crédits photo : AFP

Meilleur documentaire. L' Enfer, d'Henri-Georges Clouzot, le documentaire hommage au cinéaste et son film inachevé, remporte la récompense. «Qui aurait cru qu'il restait encore un film de Romy Schneider, celle qui reçut le premier césar de la meilleure actrice ?», fait remarquer un des auteurs du projet. Serge Bromberg salue le rôle des archivistes et celui de l'actuel ministre de la culture Frédéric Mitterrand, fervent admirateur d'Henri-Georges Clouzot.

Meilleur décor et meilleur montage. Les Césars du meilleur décor et du meilleur montage ont été décernés au Prophète. La monteuse, Juliette Welfling, remercie ses enfants qui, pour la soutenir, «ont renoncé à regarder les JO de Vancouver ce soir».

Meilleur réalisateur. Jacques Audiard pour Un prophète. C'est son deuxième César de la nuit après celui du scénario. «On se partagera les récompenses, on se fera des tournantes», a lancé le réalisateur en saluant ses malheureux rivaux, Xavier Giannoli (A l'origine), Lucas Belvaux (Rapt), Radu Mihaileanu (Le Concert) et Philippe Lioret (Welcome).

«Je suis ému. Dans ces cas-là, on ne sait pas qui remercier, je voudrais remercier mes chers acteurs », a déclaré le cinéaste, qui a par ailleurs évoqué la question des sans-papiers et a appelé à plus de tolérance de la part des autorités. C'est la deuxième fois au cours de sa carrière que Jacques Audiard est sacré meilleur réalisateur aux César : en 2006, il raflait également le triplé scénario-film-réalisation pour De battre mon coeur s'est arrêté.

Meilleurs costumes. Catherine Leterrier pour Coco avant Chanel. La costumière est aussi en lice pour l'Oscar des meilleurs costumes.

» Lire la critique de Coco avant Chanel

Isabelle, sacrée pour la cinquième fois meilleure actrice.
Isabelle, sacrée pour la cinquième fois meilleure actrice. Crédits photo : AFP

Meilleur acteur. L'acteur Tahar Rahim réussit un doublé en recevant, en plus de son César du meilleur espoir, celui du meilleur acteur. Tahar Rahim est longuement acclamé par la salle. «Merci, je ne sais pas quoi dire, c'est incroyable. Etre nominé à côté de ses grand acteurs, c'est formidable.. ». L'acteur concourrait aux côtés d'Yvan Attal (Rapt), de François Cluzet (pour A l'origine et Le Dernier pour la route) et Vincent Lindon (Welcome).

Tahar Rahim a rendu hommage à son partenaire Niels Arestrup. «Un acteur mauvais devant Niels, il devrait arrêter de jouer». «Vive le cinéma français !», a-t-il conclu.

Meilleure actrice. Isabelle Adjani dans La Journée de la jupe. Déjà détentrice de quatre Césars de la meilleure actrice au cours de sa carrière (pour Possession, l'Eté meurtrier, Camille Claudel et La Reine Margot), Isabelle Adjani améliore son record en ajoutant une cinquième statuette à sa collection.

L'actrice, qui n'était pas revenue au cinéma depuis Bon Voyage en 2003 n'a pas caché ses larmes. Elle a profité de son passage sur scène pour revenir sur la genèse du film : «Je voudrais vous parler de résistance. Ce film sur la banlieue a été compliqué à faire exister. On nous a dit de ne pas y aller, qu'on n'arriverait nulle part. Je n'appelle pas être arrivée nulle part que d'être devant vous et d'avoir été à la rencontre du public», a-t-elle expliqué. «Merci au public qui a cru à notre force de conviction. Ce film a été un accomplissement (...) et ce rôle, peut-être le plus modeste de ma carrière, personne n'en voulait», a confié l'héroïne .

«Il est important de concilier plusieurs cultures (...) Merci à Diam's dont je suis fan et à Zidane qui m'a inspiré le coup de boule », a conclu l'actrice. « Je dédie ce César à me parents et mes enfants, ce que je n'ai jamais fait. Je remercie ma mère, où qu'elle se trouve ce soir».

» Lire la critique de La journée de la jupe

» Entretien - La sensation Adjani

Meilleur film. La soirée, un tantinet moins longue que les années précédentes, se termine sans surprise, avec le sacre du prophète : le film reçoit le césar du meilleur film, soit la neuxième récompense de la soirée (sur 13 nominations).

«Au bout d'un moment, c'est peut-être gênant », a commenté Jacques Audiard, dont c'était la troisième apparition de la nuit. Le cinéaste, à défaut de parler une nouvelle fois de son film, a donc décidé de parler d'Alain Bashung, décidé l'an dernier. «Il me manque et comme il me disait : «que ne durent les moments doux»».

Le drame sur l'univers carcéral a été un triomphe à la fois critique et public avec 1.2 million de spectateurs. Il a déjà remporté le César anglais du meilleur film étranger ainsi que le grand Prix à Cannes. Les cinéphiles estiment qu'il a également toutes ses chances pour remporter l'Oscar du meilleur film étranger, le 7 mars prochain.

 


 

Sigourney Weaver et Harrison Ford, venu sans sa femme.
Sigourney Weaver et Harrison Ford, venu sans sa femme. Crédits photo : AFP

Un César d'honneur pour Harrison Ford, et un hommage pour Eric Rohmer

Invité d'honneur de la 35e cérémonie des César qui lui a décerné un trophée spécial, Harrison Ford a confié en coulisses «qu'il pensait beaucoup à cet instant à Roman Polanski», avec qui il a tourné «Frantic». «J'aurais aimé qu'il soit là ce soir pour cet hommage que le cinéma français me rend», a ajouté la star hollywoodienne. «J'ai beaucoup de gratitude ce soir avec ce César. J'ai été un homme très heureux et je réalise ce soir que j'ai travaillé avec des gens talentueux ce qui explique ma carrière», a-t-il encore expliqué.

C'est l'actrice Sigourney Weaver qui a remis le César d'honneur à la star.

Fabrice Lucchini a par ailleurs rendu un hommage vibrant au cinéaste Eric Rohmer, décédé le 11 janvier dernier à l'âge de 89 ans. Au fil de quelque vingt-cinq films, le réalisateur était parvenu à bâtir une oeuvre où se mêlaient contes moraux, comédies, proverbes et contes de saison.

 

 

Source: lefigaro.fr

Commenter cet article