Monde : Jacques Chirac de nouveau mis en examen

Publié le par Foire2Fès

Le président Chirac réaffirme qu'aucun ‘système' n'a jamais existé à la Mairie de Paris.

Le président Chirac réaffirme qu'aucun ‘système' n'a jamais existé à la Mairie de Paris. Crédits photo : Abaca

L'ancien président de la République est poursuivi pour prise illégale d'intérêts dans l'affaire des emplois du RPR. Il réaffirme qu'«aucun système n'a jamais existé».

Déjà poursuivi par la justice dans l'affaire des chargés de mission de la mairie de Paris, Jacques Chirac devra aussi répondre de ses agissements présumés dans une autre affaire, celle des emplois du RPR. L'ancien chef de l'Etat a été mis en examen vendredi pour prise illégale d'intérêts par le juge d'instruction Jacques Gazeaux, a annoncé son entourage, confirmant une information du point.fr. Un délit passible de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende.

L'entretien a eu lieu vendredi matin dans les locaux du médiateur de la République, à Paris, «un lieu totalement neutre», a expliqué l'avocat de Jacques Chirac, Me Jean Veil. «L'entretien a duré vingt minutes, le juge ne lui a posé aucune question», a-t-il précisé.

«Sur le fond, le président Chirac réaffirme qu'aucun ‘système' n'a jamais existé à la Mairie de Paris. Il est déterminé à le faire reconnaître au terme de la procédure ouverte par la mise en examen dont il a fait l'objet ce jour», précise dans un communiqué le service de presse de l'ancien président de la République.

 

Déjà auditionné en 2007

Le site internet Mediapart avait révélé mercredi que le juge Gazeaux, qui instruit le dossier au tribunal de Nanterre, avait discrètement convoqué l'ex-président. Le site expliquait que, faute d'éléments nouveaux, le dossier pourrait avoir été «ranimé» par le récent renvoi de l'ancien maire de Paris devant le tribunal correctionnel.

Dans les années 1990, à l'époque où il était à la fois président du mouvement gaulliste (qu'il avait fondé en 1976) et maire de la capitale, Jacques Chirac aurait couvert un «système» de prise en charge des salaires de certains permanents du RPR par la Ville de Paris. Il s'agit d'un dossier distinct de celui qui a valu à l'ex-président d'être renvoyé devant la justice fin octobre.

Dans cette affaire qui a débuté en 1995 par la saisine du juge de Nanterre Patrick Desmure (auquel succéderont Alain Philibeaux puis Jacques Gazeaux), Jacques Chirac a déjà été auditionné. C'était en juillet 2007, quelques semaines après son départ de l'Elysée. Il avait été entendu comme témoin assisté - un statut intermédiaire entre ceux de témoin et de mis en examen qui permet notamment d'avoir accès au dossier. Auparavant, il bénéficiait de l'immunité liée à sa fonction de président de la République.

 

De vieux soupçons

Dès 1999, le juge Desmure estimait que Jacques Chirac «avait forcément eu connaissance du système mis en place, voire l'aurait favorisé». L'instruction a notamment révélé l'existence d'une lettre datée de décembre 1993 et signée par Jacques Chirac, à l'époque maire de Paris, qui demande à son administration d'accorder une promotion à une employée municipale, Madeleine Farard. Or, cette dernière a reconnu durant l'enquête avoir travaillé à cette époque exclusivement pour le RPR.

Dans le procès-verbal de son audition, dont l'essentiel avait été révélé à l'époque par Le Figaro, Jacques Chirac déclarait notamment «contester» le terme de système organisé. Il reprenait aussi une partie des termes de sa tribune, publiée le jour même dans Le Monde, où il expliquait : «Il a fallu passer, en quelques années, d'un monde d'usages et d'arrangements à un régime clairement fixé par la loi.» Il arguait également de sa propre implication dans les divers textes de loi établis à l'époque et relatifs au financement des partis politiques. Enfin, sur la lettre signée de sa main, il ne l'avait pas contestée tout en affirmant ne pas connaître la secrétaire en question. «Il est évident que je ne lisais que très rapidement ce type de documents qui m'étaient présentés dans des parapheurs. Je l'ai signée sans y prêter plus d'attention quant à son contenu», expliquait-t-il. Au terme de l'audition, son avocat expliquait à la presse : «Je n'imagine pas qu'il puisse y avoir d'autres auditions, mais le juge reste maître de son dossier».

Le cas de Jacques Chirac ayant été disjoint dans l'attente de la fin de son mandat présidentiel, la justice a malgré tout poursuivi son travail. C'est ainsi que dans cette même affaire, Alain Juppé, alors adjoint aux finances de la Mairie de Paris et secrétaire général du RPR, a été condamné en décembre 2004 à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité.

 

Source : 

lefigaro.fr

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