Les Américains expriment leurs doutes sur Obama

Publié le par Foire2Fès

Pour la première fois, un sondage indique que le président ne serait pas réélu aujourd'hui.

Cruelle désillusion pour Barack Obama : pour la première fois depuis son arrivée à la Maison-Blanche, un sondage CNN/Opinion Poll Research indique que la majorité des Américains ne le réélirait pas si la présidentielle avait lieu aujourd'hui. Il ne remporterait que 44% des voix, et 52% voteraient pour un autre candidat.

L'euphorie de novembre 2008 est déjà un lointain souvenir. Un an après le plan de relance à 787 milliards de dollars censé sortir l'Amérique de la crise, mais qui n'a pas eu les effets escomptés sur l'emploi, le président peine à convaincre. Un sondage unique portant seulement sur 954 électeurs enregistrés a une portée limitée. Selon les dernières enquêtes d'opinion Washington Post-ABC et Gallup, le taux d'approbation du président était encore à 51-52%. Mais ce capital de confiance ne cesse de se réduire, en particulier en ce qui concerne l'économie, alors que le taux de chômage atteint 9,7%.

Surtout, la colère populaire monte contre Washington et ses querelles partisanes. C'est le Congrès qui catalyse le plus la grogne. Selon un sondage CBS/New York Times, huit Américains sur dix sont furieux contre leurs élus, qui passent leur temps à se disputer avant les élections de mi-mandat de novembre prochain, au lieu de faire avancer les réformes. L'annonce de la démission prochaine de l'un des piliers démo­crates du Sénat, Evan Bayh, a porté un nouveau coup dur à Barack Obama ­cette semaine.

L'histoire montre que les élections de mi-mandat peuvent coûter cher au parti au pouvoir et au locataire de la Maison-Blanche. En 1982, lorsque le taux de popularité de Ronald Reagan était de 42%, les républicains avaient perdu 26 sièges à la Chambre des représentants. En 1994, lorsque la cote de Bill Clinton plafonnait à 48%, le Parti démocrate avait perdu 52 sièges à la Chambre et huit au Sénat. Cela n'a pas empêché ces deux présidents de remonter dans les sondages et d'être réélus pour un deuxième mandat.

Rien n'est donc perdu pour Barack Obama. Mais le président, qui avait promis de changer la culture politique de Washington, a pour l'instant échoué sur ce plan. Sa politique d'ouverture est jugée hypocrite par les républicains, qui ne voient pas de réels efforts de compromis sur le fond des réformes, qu'il s'agisse de la santé, du déficit budgé­taire ou même de l'emploi. Le président les accuse à son tour «d'obstruction­nisme», un argument qu'il entend brandir au moment des élections.

 

Changement d'équipe 

Aujourd'hui, le débat fait rage sur les effets supposés du plan de relance. Barack Obama a reconnu mercredi que des millions d'Américains attendaient toujours d'en voir les effets. «Cela ne ressemble pas à une reprise. J'en suis conscient», a-t-il dit. Mais il martèle qu'il a bel et bien évité une «catastrophe». Selon les calculs de l'Administration, 2 millions d'emplois ont été préservés ou créés grâce au plan de relance. Pour convaincre l'opinion face au tir de barrage des républicains, la Maison-Blanche vient de lancer une vaste campagne d'information sur ce thème. Elle envisage aussi de nouvelles mesures pour relancer l'emploi, notamment en faveur des PME, moteur de l'économie aux États-Unis. Quelque 267 milliards de dollars du budget 2010 pourraient aller à la création d'emplois.

Les critiques estiment qu'il est un peu tard et reprochent à Barack Obama d'avoir négligé l'emploi durant la première année de son mandat au profit de la réforme de la santé, qui n'a abouti nulle part à ce jour. Pour preuve, le changement de priorité après l'humiliation du Massachusetts et l'élection surprise d'un républicain dans un État ultralibéral sur fond de frustration populaire.

Certains observateurs vont jusqu'à juger un changement d'équipe indispensable à la Maison-Blanche. Le directeur de cabinet d'Obama, Rahm Emanuel, pourrait être le premier visé.

 

Source : www.lefigaro.fr

Commenter cet article