L'Economiste: Le Sebou menacé par la pollution industrielle

Publié le par Foire2Fès

sbou de fès
· 20.000 tonnes de déchets industriels et médicaux
· Station d’épuration, dépollution industrielle…les chantiers
NOMBREUX sont les acteurs (600 personnes environ) de la société civile de Fès qui participent au débat sur le projet de Charte nationale de l’environnement. Un débat qui s’est ouvert, hier, en présence notamment d’Amina Benkhadra, ministre de l’Environnement, et Abdellatif Maazouz, ministre du Commerce Extérieur.
Deux jours durant (8 et 9 février), l’organisation de cette rencontre de concertation est l’occasion pour les différents acteurs de se pencher sur les problèmes de l’environnement qui menacent la région de Fès-Boulemane. «L’objectif de cette initiative royale est de sortir avec une vision sous forme de recommandations pour préserver les richesses et les potentialités naturelles dont dispose le Centre-Nord du Royaume», précise Benkhadra. Et d’ajouter que plusieurs maux guettent la région. Il s’agit notamment de la dégradation de la nappe phréatique de Fès-Meknès qui est estimée à plus de 100 millions de m3/an, mais aussi de la pollution liquide et solide générée par le million d’habitants que compte cette zone. Pour ce dernier volet, la population de la région déverse l’équivalent de 29 millions de m3 de déchets liquides au niveau du Sebou. Les ordures en dur sont estimées à plus de 797 tonnes provenant des ménages et près de 20.000 tonnes de déchets nocifs (industriels et médicaux).
Et pour débattre du fond des problèmes environnementaux que constitue cette pollution, quatre ateliers ont été programmés lors de cette rencontre. Ils vont permettre aux participants d’aborder notamment les questions de la santé et l’environnement, le développement durable ainsi que le rôle des acteurs locaux. «Notre région a connu dernièrement le lancement d’un méga projet de construction d’une station d’épuration des eaux usées pour une enveloppe de plus de 700 millions de DH. Les autorités sont mobilisées également pour la construction d’une usine de biogaz au niveau du centre de traitement des déchets ménagers…», rappelle Ahmed Ould Dada, directeur de l’Académie régionale de l’Education. Intervenant au nom des responsables de la région, ce dernier a noté que la forêt a perdu 27% de ses espaces. Face à cette situation, tous les acteurs doivent participer à la sauvegarde de la faune et de la flore. L’édification d’une ville verte, un code de l’environnement et une police municipale chargée des espaces verts seraient d’un grand apport.
Aborder la problématique de l’environnement au niveau de la région de Fès nécessite également de réfléchir sur la lutte contre le déversement des margines au niveau des oueds, l’irrigation anarchique et la dépollution industrielle. A ce propos, de grands pas ont été franchis. Ceci à travers, d’une part, la mise en service de la station de déchromisation financée par l’USAID et la réalisation des bassins d’évaporation des margines et, d’autre part, par la réalisation des études spécifiques à l’épuration des eaux usées de Fès. En effet, les solutions choisies par Radeef (Régie autonome de distribution d’eau et d’électricité de Fès) tiennent compte des données de base ainsi que des objectifs de qualité à atteindre au niveau du bassin du Sebou. Ces solutions reposent sur le traitement de l’ensemble des eaux usées de la ville avec l’adoption du procédé des boues activées, à réaliser en deux phases et au niveau de 2 pôles.
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article