Festival des musiques sacrées de Fès «Voyage initiatique» pour la 16e édition

Publié le par Foire2Fès

«11 millions de DH». Tel est le budget alloué à la 16e édition du Festival des musiques sacrées de Fès. Organisé Festival des musiques sacrées de Fès cette année par la jeune équipe de la Fondation Esprit de Fès, dirigée par Abdelhak Azzouzi, le festival se déroulera du 4 au 12 juin sous le thème «Voyage initiatique». Pour les organisateurs, ce thème reflète bien les principes de tolérance et de respect chers au Festival et ce depuis sa création en 1994. «Il rappelle combien l’étape de Fès a été importante dans les voyages initiatiques de grands penseurs comme Averroès, Maïmonide, Ibn Arabi, Ibn Khaldoun ou Ibn Batouta», indique Azzouzi.
En effet, cette 16e édition présentera un programme illustrant, comme chaque année, la volonté de célébrer les cultures du monde à travers leurs musiques mais également lors de débats et colloques qui auront lieu du 5 au 9 juin, durant les «Rencontres de Fès». Enfin, le Festival dans la ville se tiendra du 5 au 13 juin et présentera les expositions, les soirées soufies et une riche programmation de concerts offerts à la population de la ville et à tous les festivaliers. Son organisatrice, Zineb Lamrabet, promet d’ailleurs un riche programme musical à Bab Boujloud, Ait Sekkato, et Dar Tazi. L’accès étant gratuit aux activités du festival «Off». L’on apprend la participation d’artistes populaires à l’image de Najate Aatabou, Abdelaziz Stati, et plusieurs groupes de rap de la place (Fès City Clan, Chabka,…).
Pour le directeur de la fondation, le Festival tente précisément de mettre en valeur artistiquement la confrontation d’un héritage traditionnel et universel face à la mondialisation culturelle. Découvrir les grandes traditions de l’Asie et de l’Afrique et celles d’un Orient et d’un Occident qui s’entrelacent constamment, est l’une des priorités.
A Bab El Makina, l’on découvrira de véritables patrimoines de l’humanité. Des Apsars descendues du ciel, aux danseuses déesses du Ballet royal du Cambodge, ou celui des enfants danseurs Gotipuas des temples hindous de l’Orissa, ou encore celui, lancinant, des rituels soufis de Zanzibar, les Gospel…un riche programme est concocté pour la nouvelle version.
Comme un «voyage initiatique», face aux religions monothéistes chrétienne et musulmane, les croyances ancestrales, comme celles des Maîtres tambours du Burundi, continuent à se transmettre. Venus des Caraïbes, les tambours Ka de la Guadeloupe divulgueront leurs rythmes cérémoniaux auprès des jazzmen David Murray et Archie Shepp.
La créativité des peuples des montagnes, des mers et des déserts se révèlera à travers un voyage musical nocturne dans les sites historiques et les riyads de la médina. Sous la nuit étoilée, se perdre le temps d’une soirée, dans le labyrinthe de ruelles devenues planétaires, de la synagogue du mellah à Dar Tazi. Ce parcours, à la fois ludique et initiatique, sera une invitation à découvrir un autre Orient: celui, nomade, des steppes de Mongolie ou des plaines d’Anatolie; celui, mystique, des grands fleuves comme le Nil où le sacré rime avec festivité. De Kaboul à Constantinople, la musique des grandes cités sera également mise en lumière.
Célébrer Al Qods, la ville aux trois religions avec Jordi Savall ou goûter à l’ancienne musique juive de Baghdad, sont d’autres manières de découvrir la richesse et le rôle culturel des grandes cités historiques. En Orient, la voix a toujours incarné le sacré. Elle est l’essence même de ce qui est révélé, dans un art qui puise son existence dans la parole divine et la poésie mystique. De Shahram Nazeri, symbole du chant classique persan, aux grandes voix d’Alep réunies autour de Sabah Fakhri, jusqu’à Dhafer Youssef, à l’origine d’une nouvelle approche du chant soufi, cette édition mettra à l’honneur cette âme vive de l’Orient.
Enfin, ce festival se veut à l’écoute d’un nouveau sacré porté par des artistes originaux dont la création mobilise cette part de surnaturel qui habite le quotidien urbain. Les grands tablaïstes indiens Vijay Ghate et Talvin Singh nous emmèneront ainsi dans un univers rythmique et visuel, au même titre que la chanteuse Camille, à l’inspiration syncrétique.
Ainsi, Fès, à l’occasion de cette XVIe édition, restera le centre de cette effervescence musicale et festive, où le sacré peut être le fil conducteur d’un véritable dialogue culturel, mais aussi le ferment d’une nouvelle vision de l’art.


Débats et réflexions


Fès favorise les créations, les rencontres qui associent différentes approches dans une idée de dialogue. Depuis 2001, le Festival de Fès est aussi un lieu de débat autour de sujets aussi bien spirituels que séculiers. Les rencontres, cycles de conférences organisées au Musée Batha, portent cette année sur le thème centrale de «Voyage initiatique: du mystère à la révélation». Du 5 au 9 juin, des conférenciers de renommée internationale déclineront cette thématique en cinq sous-thèmes : voyage intérieur, voyage dans les écritures, le pèlerinage, l’exil, voyage mythique.

Source:
www.leconomiste.com/

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