Fès se prépare à la Charte de l’environnement

Publié le par Foire2Fès

· Tous les projets d’investissement sont soumis aux conditions environnementales

· Jardin botanique, Jnane Sbil, décharge contrôlée… les chantiers lancés


«L’évolution de la ville passe par le développement durable». C’est dans cet esprit que la capitale spirituelle se prépare au débat régional sur l’environnement. L’objectif étant l’élaboration de la Charte nationale de l’environnement. «Nous voulons que la journée de la Terre et la signature de la Charte nationale environnementale soient des occasions pour le lancement de projets d’envergure», indique Allal Amraoui, premier vice-président du Conseil de la ville. Et d’ajouter que l’inauguration du jardin Jnane Sbil, à titre d’exemple, pourrait marquer l’événement. Notons que ce jardin renaît de ses cendres grâce à un véritable coup de pouce de la part de SAR la princesse Lalla Hasna, présidente de la Fondation Mohammed VI pour la protection de l’environnement. En effet, ladite Fondation, appuyée par plusieurs partenaires, dont notamment la wilaya de Fès, le Conseil de la ville de Fès, l’Office national de l’eau potable (ONEP), le groupe Addoha et la direction générale des collectivités locales, a initié la rénovation du parc Jnane Sbil dans le cadre du programme des «Villes fleuries».
L’objectif est de s’inscrire également dans le réseau mondial des jardins historiques. Ce projet est mené depuis 2006 pour un coût global de 30 millions de DH. Un montant qui a financé la réintroduction de l’eau et la réhabilitation de l’infrastructure hydraulique, les plantations et la restauration du bâti. L’autre projet qui peut également marquer les concertations environnementales est celui de l’aménagement d’un parc botanique. Ce projet consiste en la plantation d’un million de fleurs chaque année au niveau des alignements dans l’espoir d’offrir une rose à chaque habitant.
Par ailleurs, Fès est la première ville du Royaume à s’être dotée d’un centre de traitement des ordures ménagères. «Il est aménagé, exploité et géré dans l’esprit du respect des normes internationales en matière de protection de l’environnement», explique Kaabi. En effet, l’élimination des déchets solides est la plus importante opération dans le processus de la salubrité publique. Ce secteur concentre annuellement près de 70 millions de DH du budget communal.
Durant deux décennies, Fès a connu plusieurs mutations dans ce domaine. L’élimination des déchets solides constitue une réelle préoccupation pour les autorités et responsables de l’environnement au niveau de la ville. Confiée depuis 7 ans au groupement Edgeboro-Ecomed, l’opération est chapeautée par un comité de contrôle et de suivi (composé notamment de l’Agence du bassin hydraulique de Sebou, de l’Onep et de la Radeef) qui assure le contrôle des travaux d’aménagement, d’exploitation et de gestion ainsi que des mesures prises en matière de protection de l’environnement. Située à Aïn Bidae, la décharge est entourée de fossés de protection contre les eaux de ruissellement externes qui sont déviées et évacuées en aval de la décharge, pour continuer à couler comme dans le passé à travers le talweg naturel.
Enfin, les eaux internes de la décharge sont retenues dans des bassins dimensionné. Selon les responsables de la décharge, la gestion des lixiviats et des rejets liquides est bien maîtrisée. Les lixiviats sont retenus dans ces bassins pour éviter tout débordement. La technique d’évaporation forcée à l’aide de la chaleur thermique dégagée par le brûlage du biogaz est utilisée pour l’élimination complète des lixiviats.
Cette technique a été introduite et utilisée pour la première fois au Royaume par le groupement Edgeboro-Ecomed. Un évaporateur a été conçu et mis en service pour l’évaporation et l’élimination des lixiviats. Pour ce qui est du biogaz, il est collecté au moyen d’un système passif, puis brûlé dans une torchère pour éliminer toute propagation de mauvaises odeurs.


Fleurs!


La commune de Fès produit des fleurs saisonnières, des arbrisseaux et des arbres pour couvrir les avenues, jardins publics et les grands axes routiers. Cette opération a intéressé la restauration des jardins et espaces publics, la restauration des trottoirs et principales avenues, l’aménagement des jardins d’établissements publics…
Aujourd’hui, précisent les dirigeants locaux, tous les projets d’investissement sont soumis à des conditions environnementales. «L’objectif étant de lutter contre la pollution sous toutes ses formes», affirme Abderrahmane Kaabi, ingénieur municipal. Selon lui, outre la délocalisation des industries polluantes de la médina vers Aïn Benjellik, l’aménagement d’une zone dédiée au cuir figure en priorité.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

       l'economiste

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