Fès dotée d’un plan de développement communal

Publié le par Foire2Fès

http://www.leconomiste.com/upload/article/22_101630.jpg· Il a été vivement critiqué avant son adoption
· Artisanat, industrie, infrastructures…au programme
PARMI les sept points qui étaient à l’ordre du jour de la session du Conseil communal de Fès au titre du mois de juillet, il a été certainement le plus intéressant et le plus critiqué. Il s’agit en effet, du «projet de Plan de développement communal de Fès à l’horizon 2015». Provoquant un véritable débat de fond, lundi dernier au siège du Conseil de la ville, ce point a été finalement adopté à la majorité. Notons que c’est le premier plan du genre au niveau national. «Notre ville est la seule à se doter d’une telle stratégie une année seulement après les élections», indique Hamid Chabat, maire de Fès. «La réalisation des axes prioritaires de ce plan nécessitera pas moins de 3 milliards de DH», renchérit-il.
En réponse au président du Conseil, Khadija Karyani, la jeune élue de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) n’a pas mâché ses mots en pointant du doigt la durée de réalisation de la «soi-disant stratégie». «Il est vrai que l’étude dudit plan a démarré en janvier, mais les rencontres avec les acteurs n’ont duré que sept jours! Comment peut-on alors parler de stratégie alors que les élus de l’opposition n’ont pas été associés à la discussion et à la préparation de ce qui engagera la ville durant les cinq prochaines années», martèle Karyani. Même son de cloche auprès de Saïd Benhamida, Hassan Boumchita et Ahmed Edekkar, tous élus du Parti de la justice et du développement (PJD).
Les trois hommes sont venus avec de «nouvelles propositions pour la réalisation d’une véritable planification stratégique participative». Pour eux, celle présentée lors de la session est «très vague et ne correspond pas aux attentes de la population». Boumchita ironisera même sur le budget consacré à ladite stratégie. «200.000DH pour réaliser une étude de développement stratégique au profit d’une grande ville comme Fès, c’est peu…Vous avez été servis selon votre modique enveloppe».
Des propos qui n’ont pas laissé le tonitruant Hamid Chabat indifférent. Le maire a noté que la vraie question n’est pas celle relative au plan présenté. Pour lui, la ville a eu le mérite de faire l’effort et de préparer un «road map», encore faudrait-il qu’il soit adopté par l’Intérieur. Il a ajouté aussi «que Fès est la seule ville où l’on constate l’absence totale des grands projets de l’Etat». «Pourquoi au Nord, comme au Sud, à l’Est et à l’Ouest du pays, il y a des Agences qui mènent des projets gigantesques avec des budgets colossaux…alors que Fès, elle, s’appuie sur ses propres moyens ?», s’est interrogé Chabat.
En tout cas, sans verser dans la polémique, le plan a été voté. L’objectif étant de dénicher les secteurs porteurs. Les experts chargés de cette étude avaient associé à leur démarche de nombreux opérateurs locaux. In fine, un plan d’action pour booster l’activité économique de Fès est né. Tourisme, artisanat, industrie, nouvelle technologie, infrastructures et gouvernance locale sont les principaux axes de cette étude.
Conscients de la complexité des problèmes de développement qui ne peut être affrontée politiquement qu’à travers l’interaction, les initiateurs de l’étude savent qu’il est impossible qu’une politique publique puisse résulter des choix d’une unique entité ou d’un unique acteur. «Nous devons constituer un véritable lobbying pour mieux défendre les intérêts de la ville», propose un opérateur. Et de poursuivre: «la société civile doit être impérativement associée à toute démarche inhérente au développement du territoire». Société civile qui revendique ses attentes dans une nouvelle dynamique et synergie. Et c’est ce qui devra se traduire par les élus et les autorités locales à travers des projets transversaux. La relance, la tangibilité des activités et la multiplication des projets et des chantiers de développement à Fès (mise à niveau urbaine, INDH, PDRT, PDRA, PDRI, technopole...) ont certes réactivé l’intérêt de la population. Mais, il ne faut pas oublier que le Maroc (son industrie automobile et textile aussi) a subi la crise des marchés européens en 2009. Les répercussions de cette crise se font encore sentir.

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BOUGHALEB 12/07/2010 13:41


Bravo FES!!!