Federer: premier sacre pour un père comblé

Publié le par Foire2Fès

open d'australie | Andy Murray s’est incliné devant le génie du Suisse 6-3 6-4 7-6 (13-11), qui remporte son 16e titre en Grand Chelem, le 4e en Australie.

Federer Maroc

© EPA | En battant avec brio Andy Murray en finale de l’Open d’Australie, Roger Federer a prouvé que la paternité n’a émoussé ni sa motivation ni son talent. Sa capacité à produire son meilleur tennis dans les moments cruciaux lui permet de rêver de gagner les quatre tournois du Grand Chelem la même année…
Roger Federer s’y est habitué depuis quelques années. Son dernier rival dans son univers, c’est l’histoire. Depuis son premier sacre à Roland Garros en 2009, suivi par sa 15e couronne en Grand Chelem, conquise à Wimbledon, la concurrence s’est fortement renforcée sur les courts, mais le meilleur ambassadeur que compte aujourd’hui la Suisse se bat désormais pour laisser son empreinte glorieuse au moment où il raccrochera ses raquettes.

Cette année 2010 ne pouvait pas mieux débuter. «King Roger», l’homme qui répond toujours présent dans les rendez-vous importants, a maté une fois de plus la rébellion menée par le prince Andy Murray (6-3 6-4 7-6), qui devra patienter avant de le renverser. La finale de Melbourne annonçait des étincelles, elle a tenu ses promesses, le suspense en moins, tant le numéro un mondial a offert, de son propre aveu, «l’une de ses performances les plus accomplies de sa carrière».

L’histoire ajoute un chapitre supplémentaire à cette légende vivante. Un 16e sacre en Grand Chelem, un 4e trophée en Australie et un pas sans doute décisif pour devenir dans 18 semaines le tennisman qui sera resté le plus longtemps sur le toit du monde (comprenez en tant que No 1 mondial).

Mais aussi, et surtout, son premier titre en Grand Chelem acquis dans la peau d’un père, fier de ses jumelles qui viennent de fêter leurs six mois d’existence. «Un sentiment particulier, avoue-t-il. Depuis la naissance de mes filles, j’évolue d’une manière plus décontractée. Cela me convient et ne signifie en rien que je suis moins motivé qu’avant.»

En recevant son trophée sur la Rod Laver Arena, Roger Federer ne manqua pas de dédier son titre à Charlene Riva et Myla Rose. «Même si mon émotion était plus forte en août dernier, lorsque j’ai remporté le tournoi de Cincinnati, à peine 3 semaines après leur naissance…» Et cette fois-ci? «Avant de partir au stade pour disputer ma finale, j’ai parlé à mes filles, plaisante-t-il. Je leur ai dit que ce serait une grande journée. Elles ont dû me comprendre, elles ont fait du bruit.»

Comme Agassi

Voilà donc un nouveau pied de nez à ceux qui prédisaient à Roger Federer une seconde mi-temps «plus délicate à gérer en raison de sa paternité». La réplique a fusé, avec un nouveau clin d’œil au destin. Le No1 mondial a non seulement rejoint Andre Agassi et ses quatre titres australiens, mais il est devenu hier le premier «père», depuis Agassi en 2003, à triompher en Grand Chelem… «La paternité change pas mal de choses, mais pas vraiment au niveau du tennis, rappelle encore Roger Federer…»

Le Bâlois imite de surcroît l’Espagnol Albert Costa, vainqueur en 2002 à Roland Garros de son unique Grand Chelem, suivi d’embrassades dans les tribunes partagées avec ses jumelles Claudia et Alma, âgées d’un an. D’autres champions ont triomphé pour leur progéniture: Yevgeny Kafelnikov (Melbourne, 1999), Petr Korda (Melbourne, 1998), Boris Becker (Melbourne, 1996), Andres Gomez (Roland Garros 1990) et Pat Cash (Wimbledon, 1987), mais leur compteur est resté bloqué à un sacre en tant que père.

Une seule exception a marqué les esprits: Jimmy Connors, vivant une seconde jeunesse pour son fils Brett et glanant trois lauriers en Grand Chelem (Wimbledon 1982, US Open 1982 et 1983). Roger Federer devrait certainement le rejoindre. D’ailleurs, depuis ce matin, il est déjà son égal au nombre de semaines passées dans le fauteuil de No 1 mondial…

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