Comment adapter l’urbanisation à la croissance

Publié le par Foire2Fès

· La manifestation initiée en partenariat avec Euromed

· Le futur des villes au centre d’intérêt


«POUR une ville méditerranéenne durable: rôles, responsabilités et contributions des acteurs de la construction» a été le thème du congrès de Cobaty international qui s’est tenu, les 22 et 23 janvier, à Fès. La manifestation a connu un franc succès. En témoigne, d’ailleurs, la participation d’une dizaine de pays, dont notamment le Maroc, la France, la Belgique, l’Espagne, l’Italie, la Tunisie, la Pologne, le Liban et le Burkina-Faso. Organisé en partenariat entre les villes de Nice (France) et Fès, respectivement présidente et vice-présidente de l’Euromed, ce congrès a réuni une centaine d’urbanistes dans l’esprit de «Là où grandissent les cités, l’humanité progresse; là où elles dépérissent, la civilisation elle-même est en danger»
Pour Charaf Eddine Fqih Berrada, président de Cobaty Maroc, la rencontre de Fès s’est voulue être un trait d’union, un médiateur, entre la «puissance publique» détentrice de la maîtrise d’ouvrage du processus de «développement durable de la ville» et le citoyen qui doit comprendre, accepter et faire vivre «sa ville». Ainsi, en explicitant les enjeux d’une approche «intégrative et transversale», en se focalisant sur quelques sujets principaux, et surtout en faisant porter des «regards croisés» sur des sujets comme l’urbanisme, la santé, la gestion de l’espace, la gestion du temps et des déplacements, la qualité architecturale, Cobaty souhaite mettre en évidence la synergie dans les deux approches, car pour que la ville soit lisible et pour qu’elle soit durable, il faut qu’elle soit participative.
Deux jours durant, les participants ont mis l’accent sur le rôle civilisationnel des villes en tant que carrefours de l’économie, de la culture, de la solidarité et du progrès. Cet engouement millénaire est tel qu’en 2007, pour la première fois de l’histoire de l’humanité, plus de 50% de la population mondiale est urbaine disent-ils. Et d’ajouter, «dans certaines régions du monde, comme la Méditerranée, cette proportion atteint déjà les 65% et les prévisions annoncent une augmentation de plus de 100 millions de citadins dans les 25 années à venir». De fait, la ville devient ainsi le futur de l’homme. De plus, l’évolution inévitable de cette dynamique urbaine, constitue assurément, à l’heure de la mondialisation, un critère d’attractivité pour des millions d’individus, pour qui vivre en ville ne relève plus du choix mais de l’impératif, voire du «choix alimentaire». Car, selon les urbanistes, les espaces sous influence urbaine restent porteurs de l’espoir vital d’une amélioration des conditions de vie des plus fragiles, à travers l’emploi, le logement ou encore l’accès aux infrastructures de santé et d’éducation.
Mais, si les villes sont incontestablement les moteurs puissants et incontournables du progrès, par lesquelles transitent tous les flux de capitaux, il n’en demeure pas moins que «nous assistons simultanément à un découplage entre développement urbain et développement humain». Il est ainsi indéniable que les quelque 3,3 milliards de citadins que nous sommes ne pratiquent pas la même urbanité, d’un continent à l’autre, d’un pays à l’autre, ou même d’un quartier à l’autre. En effet, véritables miroirs d’une société, les villes cristallisent les inégalités sociales, les exclusions économiques, les ségrégations spatiales, autant de conséquences dues à des choix de politiques d’aménagement des territoires. Sans oublier la rigidité des affectations fonctionnelles ainsi que le développement urbain qui s’est souvent fait dans l’urgence, au gré d’opportunités foncières, dans les interstices urbains ou en périphérie, entraînant ainsi des changements radicaux dans l’organisation socio-spatiale. En tout cas, les participants au congrès de Fès ont lancé un appel à la «raison». Pour eux, il faut considérer que le développement durable est un impératif d’action et adapter les outils de planification et de gestion urbaine à la rapidité des rythmes de croissance des villes à tous les niveaux.


Election


POUR clore leur assemblée à Fès, les Cobatystes ont élu un nouveau président. Il s’agit du Français Bernard Théobald qui succède à lui-même pour un 2e mandat. Son vice-président n’est autre que Charaf Eddine Fqih Berrada, également président de Cobaty Maroc. Pour rappel, Cobaty est né en 1957, en France.
Le but des fondateurs était de créer une association où tous les professionnels du bâtiment, de l’immobilier, de l’urbanisme, de l’environnement, en somme, de tous les secteurs liés directement ou non à l’acte de construire, pourraient réfléchir et échanger. Apolitique, non corporatiste, Cobaty réunit des hommes et des femmes qui œuvrent ensemble pour proposer, créer, innover pour un meilleur cadre de vie.

De notre correspondant,
Youness SAAD ALAMI

         l'économiste

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