Colloque national sur la sociologie Nouveaux défis pour la pratique sociologique

Publié le par Foire2Fès

Les participants au colloque national organisé par le Laboratoire Interdisciplinaire Société et Economie (LISE), ont essayé de trouver les bonnes réponses à ces interrogations deux jours durant. Ayant eu lieu la semaine dernière à la Faculté des Sciences Juridiques, Economiques et Sociales de Ain Sebâa, le colloque a été placé sous le thème : «La pratique de la sociologie au Maroc à l'aube du XXI siècle : Refondation et perspective».

De l'avis de plusieurs observateurs, la sociologie vit une crise qui semble perdurer depuis de longues années et prend racine dans le décalage pré-existant entre l'enseignement et la recherche. Le Colloque a été notamment l'occasion de dresser un constat et de proposer des solutions. « Il y a peu de publications, une quasi absence d'une pratique collective de la sociologie et de l'anthropologie, et un manque de dialogue entre les sociologues, les politologues et les anthropologues», souligne l'anthropologue Hassan Rachik de l'Université Hassan II de Aïn Chok. «Il est souhaitable de constituer des noyaux de recherches entre les différents spécialistes, qu'ils proviennent des universités de Fès, de Meknes, d'Agadir ou de Rabat pour institutionnaliser la recherche», note-t-il.

L'anthropologue a également mis l'accent sur le faible rapport entre l'enseignement et la consultation. «Pourquoi ne pas avoir des sociologues consultants, des anthropologues consultants, et instaurer des programmes de licences et des filières pour combiner la recherche et le consulting», suggère Hassan Rachik. Le sociologue Mohamed Mahdi, a soulevé pour sa part une question importante relative au métier de sociologue et d'anthropologue au Maroc d'aujourd'hui : «Comment parvenir à être utile à la société ? En guise de réponse, il a insisté sur la production de la connaissance pour expliquer les phénomènes sociaux. Il a pu prouver la relation très étroite qui existe entre la sociologie et la société : puisque la sociologie tend à expliquer les phénomènes sociaux. Les décideurs ont commencé à demander les services des chercheurs pour tous types de prises de décisions.

On assiste à l'émergence de la sociologie comme une boîte à outils qui explique les problèmes de la société marocaine, précise-t-il. Pour sa part, Rahma Bourquia, Présidente de l'Université Hassan II de Mohammedia-Casablanca a affirmé que "l'évolution de la sociologie au Maroc a été marquée par trois grandes tendances. D'abord, sous le protectorat, afin de produire des connaissances sur notre société, ceci étant lié à une demande coloniale qui est de mieux comprendre le "peuple indigène''.
Elle ajoute : ‘'la deuxième tendance a essayé de couper avec le colonialisme : des grandes théories alors en vogue incitent les sociologues à s'engager pour rendre service à la société.

Et c'est avec la troisième tendance qu'est apparue ce que l'on appelle une sociologie de l'identité : une sorte de tendance d'appropriation de l'objet étudié, avec un arrière-fond identitaire, la quête d'un "nous sociologique. Par ailleurs, la sociologie a subi un nombre considérable de mutations.
La montée en recrudescence des problèmes et des maux sociaux a également placé la sociologie au devant de la scène.
L'affaiblissement des liens sociaux, la marginalisation, le chômage et le phénomène des diplômés chômeurs, le déclin de la solidarité, la violence juvénile, la délinquance, le terrorisme…sont les maux d'actualité qui ont fait émerger la sociologie comme une boite à outils afin de trouver des solutions pratiques. A noter que l'apparition d'une sociologie généraliste montre un déplacement de l'académique vers une sociologie pratique.

Une vision généraliste qui fait appel au sociologue pour trouver des réponses à des phénomènes sociaux et qui aborde de front des problèmes aussi divers que la théorie de l'action, la dimension sociologique de la connaissance ou encore les catégories et les fins de l'analyse sociologique.

Les grands objectifs du colloque

Le but de ce colloque était d'apporter des éléments de compréhension sur les enjeux et les nouvelles dynamiques du métier et de la discipline, d'explorer les nouveaux défis de l'enseignement et de la recherche et de susciter des échanges et des réflexions sur ce qui peut apparaître comme étant l'avenir possible de la pratique de la sociologie et de l'anthropologie et, plus globalement, des sciences sociales au Maroc au regard des changements des contextes national et international.
Le laboratoire Interdisciplinaire société et économie (LISE) tend à l'instar du centre marocain des sciences sociales (CM2S) de créer un cadre académique de recherche afin de dynamiser la réflexion à l'égard des transformations de la société, de fédérer les équipes de recherches, de créer un espace d'échanges entre les chercheurs et de favoriser la production des connaissances. Et surtout de doter les chercheurs d'outils afin d'accompagner les grandes mutations que traverse la société marocaine par l'effet des dynamiques internes et des dynamiques externes dans le cadre de la globalisation impliquant un accompagnement par des études et des analyses qui mettent en évidence les logiques sociales ainsi que les nouveaux phénomènes sociaux qui en émergent.
 
Source : www.lematin.ma

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