Chantiers 2010-2011, les plus grands moments !

Publié le par foire2fes

http://marketing-maroc.com/wp-content/uploads/trouver-idee-blog-original-rentable-etude-marche-maroc.jpg L’année 2010 aura été riche en événements. L’Economiste revient sur les faits marquants, secteur par secteur. Une rétrospective qui zoome et analyse les moments forts du monde des affaires et politique: fusion ONA/SNI, les grands mouvements dans les télécoms, la nouvelle vision du tourisme, la révolution du code de la route, les révélations de la Cour des Comptes, les malheureux événements de Laâyoune… La rétrospective s’arrête aussi sur les personnalités disparues au cours de l’année et qui ont marqué une partie de l’histoire du Maroc.

· ONA-SNI: Fusion de géants


LA fusion ONA-SNI aura été, sans aucun doute, l’opération stratégique la plus importante de 2010. Que ce soit à travers la taille des deux holdings ou par leur poids dans l’économie marocaine, cette fusion aura marqué le paysage financier national. Bref rappel des faits: la décision de la fusion se base sur le besoin de dépasser la vocation de groupe multi-métiers au profit de celle d’un holding d’investissement unique exerçant le seul métier d’actionnaire professionnel. La création de cette nouvelle entité devait passer par le retrait de la cote casablancaise du bloc ONA-SNI, formé des valeurs ONA, SNI, Cosumar, Lesieur, Centrale Laitière, Attijariwafa bank, Wafa Assurance, Lafarge Ciments, Sonasid, Managem et SMI. Deux offres publiques de retrait ont, d’ailleurs, été déposées à des cours respectifs de 1.900 DH pour SNI et 1.650 DH pour ONA. Ce retrait, qui a été couronné de succès principalement auprès des particuliers, va conduire à une réduction progressive du périmètre des activités des deux groupe à travers la cession sur le marché boursier du contrôle d’entités les plus matures, au premier rang desquelles Cosumar, Lesieur et l’ensemble Centrale laitière/Bimo/Sotherma. La nouvelle entité, une fois la fusion bouclée, devrait détenir des participations significatives non majoritaires, sauf dans les cas de contrôle conjoint (Lafarge Maroc et Sonasid) et d’incubation de nouveaux projets ou de participations en développement (Wana, Marjane, Onapar, Nareva, Optorg). Le marché attend donc avec impatience le dénouement de cette opération en début d’année.

 



· Introductions en Bourse: La machine partiellement relancée


Après deux longues années de vaches maigres, la Bourse de Casablanca a retrouvé en 2010 un dynamisme longtemps perdu en raison des effets de la crise internationale qui a altéré la confiance des investisseurs nationaux. A la dynamique positive qu’a connue la place casablancaise au début de 2010, s’ajoutent deux introductions en Bourse. Celle d’Ennakl, le leader du marché de la distribution automobile tunisien et importateur-distributeur des marques Volkswagen, Audi, Seat et Porsche. Le distributeur tunisien qui s’est simultanément introduit sur les places de Tunis et Casablanca (respectivement 30 et 10% de son capital) a emboîté le pas aux entreprises marocaines plus frileuses pour une sortie sur le marché dans une conjoncture incertaine. Cette opération qui est plus symbolique que stratégique aura au moins permis d’ouvrir la porte à d’autres acteurs de la place, notamment Cnia Saada Assurance qui a introduit sur le marché 15% de son capital pour pallier notamment au retrait du fonds d’investissement du prince Al Walid. Face à la forte demande sur le titre, la période de souscription a été clôturée par anticipation au terme du second jour de la période. Suivant la même tendance, la valeur une fois introduite a suscité l’intérêt de la communauté financière avec de forts échanges sur le titre. Dans ce sillage, 2011 promet un cru important d’introductions en Bourse, il n’y a qu’a voir les prétendants.



· Un code pour la route


L’UN des événements-phares de l’année 2010 aura été certainement l’entrée en vigueur du nouveau code de la route. Le texte, qui constitue une mesure structurante, a mis cinq ans avant de connaître son issue. Un retard dû aux multiples mouvements de résistance au changement. La nouvelle réglementation a pour objectif de réduire la sinistralité dans les routes nationales et le réseau autoroutier. Le nombre d’accidents fait, en effet, du Maroc l’un des pays qui enregistrent un taux de sinistralité des plus élevés. Le nombre de morts a d’ailleurs dépassé les 4.000 au cours de 2008 et 2009. Parmi les principales innovations du code, l’introduction du permis à points, le contrôle des infractions via des moyens technologiques, l’alcootest, l’introduction de la notion de conduite professionnelle… L’entrée en vigueur du nouveau code a induit un véritable choc psychologique dans les habitudes de conduite et généré des problèmes de circulation dans les grandes agglomérations. Ainsi, les statistiques du Comité national de prévention des accidents de la circulation montrent une baisse. En effet, le nombre d’accidents évités au cours des deux premiers mois de l’application du code de la route s’élève à 3.858 par rapport à la même période de 2009. En parallèle, 200 vies ont été épargnées entre octobre et novembre 2010.



· FinanceCom/CDG: Méga deal


A côté de l’opération ONA-SNI, le rapprochement entre BMCE Bank et la Caisse de dépôt et de Gestion (CDG) a été l’un des moments forts de l’année boursière 2010. La Caisse est entrée à hauteur de 8% dans le capital de BMCE Bank par acquisition des actions détenues en autocontrôle par la filiale du groupe FinanceCom. Le montant de la transaction s’élève à plus de 3,4 milliards de DH. Le même jour, les deux groupes ont conclu un autre deal portant sur près de 3 milliards de DH. RMA Watanya, la filiale assurances de FinanceCom, acquiert 8% du capital de CGI, la filiale immobilière de la CDG.
Il faut dire que le partenariat entre les deux mastodontes s’est renforcé en moins de deux ans. En août 2009 déjà, les deux groupes s’étaient rapprochés pour acquérir les parts de Telefonica et Portugal Telecom dans Méditel pour un montant de 9 milliards de DH. Othmane Benjelloun, PDG de FinanceCom et Anas Alami, DG de la CDG se retrouveront une nouvelle fois en septembre 2010 pour la cession de 40% de Méditel à l’opérateur français Orange à 8 milliards de DH.



· La mue des télécoms


Jaune, rouge et orange. Un parcours coloré pour Méditel en 2010. L’acquisition de 40% de son capital par France Télécom clôt ainsi ses dix ans d’existence. L’union scellée entre les deux opérateurs télécoms, fin septembre dernier, a rapporté aux actionnaires marocains 640 millions d’euros (environ 7 milliards de DH). FinanceCom et la CDG, ayant revendu chacun 20% de leurs parts, réalisent ainsi une plus value de 120 millions d’euros. Cette opération a permis aussi de soulager les réserves de changes. Chez la concurrence, Maroc Telecom continue sa percée africaine. L’opérateur historique achève l’année en acquérant 51% de Gabon Télécom à 61 millions d’euros. Mais non sans surprise. La masse salariale de Gabon Télécom représentait 65% du chiffre d’affaires de 2007 au lieu des 20% annoncés. Le développement de Maroc Telecom devrait s’accentuer avec la mise en place de son câble de fibre optique vers le Sud. Une liaison de 1.150 km qui entre en service début 2011 et atteindra la Mauritanie. Pays où la filiale de Vivendi est déjà présente via Mauritel. Autre événement-phare en 2010, le report de la cession de 8% des actions de l’Etat dans Maroc Telecom. Reste que le marché compte déjà deux mastodontes français et risque d’en accueillir un 3e. Emirati cette fois-ci. Etisalat veut coûte que coûte mettre un pied au Maroc. D’où les négociations en cours avec Zaïn. Celui-ci détient 31% dans le capital de Wana Corporate qui vient de lancer son offre GSM prépayée.



· Justice: Lourde réforme


PLUS d’un an après l’annonce royale de la réforme, le chantier avance à petits pas. Plusieurs projets de loi sont en discussion au Parlement: tribunaux de commerce, statut des magistrats, observatoire national de la criminalité, procédure civile et pénale… Ce qui ne manque pas d’engendrer aussi des heurts et des blocages. A commencer par les grèves déclenchées depuis novembre 2009 par les greffiers. Les juridictions vont d’ailleurs connaître dès le 4 janvier un nouveau débrayage. La réforme coûte de l’argent: hausse des salaires, nouvelles juridictions, nouveaux postes (1.000)… La vie judiciaire 2010 a été marquée aussi par des procès retentissants. Jaâfar Hassoune, président de la cour d’appel administrative de Marrakech, attaque devant le tribunal administratif le ministre de la Justice. Il a été, aux côtés de Mohamed Amghar, substitut du procureur du Roi au tribunal de 1re instance d’Ifrane, suspendu du Conseil supérieur de la magistrature (CSM) pour manquement au devoir de réserve… Affaire qui n’est pas sans rapport avec la réforme de la justice: la recomposition du CSM pour consacrer la séparation des pouvoirs entre exécutif et judiciaire. Ce qui impose une réforme constitutionnelle. Car le ministre de la Justice est également vice-président du Conseil. Difficile aussi de faire l’impasse sur la condamnation à 15 ans par contumace de l’ex-PDG d’Attijariwafa bank. Accusé de complicité de corruption, il a fait appel.



· Une grande génération d’intellectuels a disparu


Heureusement que la pensée est éternelle. Mohamed Abed El Jabri (sur la photo) à 75 ans, l’un des penseurs les plus en vue aux côtés de Abdellah El Aroui, nous a quittés en mai 2010. L’auteur de «Critique de la pensée arabe» a bousculé les défenseurs d’une vision réactionnaire de l’Islam. Professeur de philosophie, il a eu une pensée prolifique: plus d’une trentaine d’ouvrages sur l’identité, la tradition et la modernité, Ibn Rochd, Ibn Khaldoun, le dialogue Occident-Orient… Son dernier essai en deux tomes est une exégèse du Coran. Il a été publié en 2008. Il y a eu Mohamed Arkoun (82 ans) aussi, islamologue et grand Maghrébin surtout. Algérien de nationalité et Marocain de cœur. Il a été inhumé à la mi-septembre à Casablanca. Défenseur d’une laïcité ouverte et éclairée, ce professeur émérite d’histoire de la pensée islamique a enseigné l’islamologie appliquée à la Sorbonne.
Jean Pierre Koffel. Troisième grand intellectuel disparu. Ce romancier et poète franco-marocain s’est éteint le 2 novembre à Kénitra. Né à Casablanca en 1930, Koffel a beaucoup donné à l’enseignement et à la littérature. Driss Jettou et Driss Basri sont ses élèves. Son dernier roman est «La cavale assassinée». Edmond Amran El Maleh rejoint Koffel début décembre. Il a été enterré à Essaouira. Chantre de la diversité culturelle, militant pour l’indépendance. Sa 1re œuvre il l’aura écrite à 63 ans. La dernière, «Lettres à moi-même», a clos une vie centenaire qui a préservé son sens de l’humour.



· La disparition de Méziane-Belfqih


DEUXfois ministre, haut fonctionnaire, conseiller de deux souverains, Abdelaziz Méziane Belfqih est mort en mai. Le Maroc entier l’a pleuré, pleuré l’homme et aussi les principes qu’il avait installés. Chacun redoutait que ces principes se perdent dans mille et un petits compromis quotidiens, faits au nom de la rapidité, de la commodité ou de la peur, de la courtisanerie et encore de la connivence… Il y a eu, c’est vrai, un passage à vide, des cafouillages… et puis, comme il le disait lui même, quand le système est efficace, rationnel, transparent, qu’il dépasse les hommes… il finit par reprendre le dessus. Et en plus il donne, à ces hommes, une incomparable liberté.



· La bombe ONDA


L’affaire Onda aura fait couler beaucoup d’encre en 2010. L’Office aura en effet été l’un des principaux établissements publics épinglés par le dernier rapport de la Cour des comptes. Un document dont les révélations sur la gabégie constatée, du temps de l’ancien DG Abdelhanine Benallou, auront choqué l’opinion publique. Même le ministre de tutelle a été interpellé en sa qualité de président du Conseil d’administration de l’Office des aéroports. Aujourd’hui, la grande interrogation porte sur les suites judiciaires qui seraient données à ce dossier. Outre l’Onda, un deuxième établissement public, La Marocaine des Jeux et des Sports en l’occurrence, a été incriminée, sans toutefois que cela revête l’ampleur de l’affaire de l’Office des aéroports. Dans les deux cas en revanche, les séismes se sont traduits par un changement de gouvernance.



· Serfaty, l’ingénieur gauchiste


Décédé jeudi 18 novembre 2010 à Marrakech, à l’âge de 84 ans, Abraham Serfaty a été inhumé au cimetière juif de Casablanca. De nombreuses personnalités et beaucoup de monde ont assisté à ses obsèques. C’est que le personnage était célèbre tant sur la scène politique nationale qu’en tant que l’un des premiers ingénieurs des mines du Royaume. Des personnalités comme André Azoulay, conseiller de SM le Roi, Mohamed El Yazghi, ministre d’Etat, Amina Benkhadra, ministre de l’Energie, des mines, de l’eau et de l’environnement, Abderrahmane Youssoufi, ancien Premier ministre, et bien d’autres ont tenu à assister aux funérailles du militant de gauche marocain, Abraham Serfaty. Serfaty était à la fois juif, anti-sioniste et ami des Palestiniens. Il a beaucoup écrit, notamment sur le judaïsme marocain. Militant de la première génération du nationalisme marocain, il a milité contre le despotisme et l’impérialisme. Il a combattu le colonialisme français et, après, le manque de démocratie durant les années de plomb.



· RNI: Coup d’Etat contre le président


L’échiquier politique a été marqué en 2010 par le coup d’Etat contre l’ex-président du RNI, Mustapha Mansouri, mené par Salaheddine Mezouar, chef de file des «réformateurs».
Officiellement, on avait mis les formes en organisant un congrès extraordinaire à Marrakech pour consacrer le nouveau patron. Cependant, l’arrivée de Mezouar a coïncidé avec le recul du RNI au Parlement.
Le parti de la colombe avait la présidence des deux chambres au Parlement. Avec le déclenchement du mouvement contre Mansouri, le RNI a perdu la présidence de la chambre des conseillers à la faveur du PAM. Quelques mois après, c’est la présidence de la chambre des représentants qui lui file entre les doigts. Cette fois-ci, c’est l’USFP qui en profite avec le retour de Abdelouahad Radi au perchoir. A croire que le RNI est maudit.
Le parti a également perdu le poste de secrétaire général de cette même chambre puisque Abdelhamid Khalili (RNI) a dernièrement été remplacé par Najib Khadi (USFP), l’ancien chef de cabinet de Radi.



· Intempéries: Le jour où Casablanca a coulé


TOUT le Maroc se souvient de ce mardi 30 novembre 2010. Une journée très difficile et traumatisante pour les Casablancais qui scrutent désormais le ciel à chaque averse. Il a suffi de moins de 24 heures de fortes pluies pour que la capitale économique du Royaume soit complètement paralysée. Les précipitations ont atteint un pic record de 200 mm. Submergée par les eaux, la ville est restée en effet inaccessible pendant toute la journée. Les liaisons ferroviaire, routière et même aérienne ont été fortement perturbées. L’autoroute Casa-Rabat et plusieurs axes importants sont restés fermés à la circulation. Aussi, il a été décidé de maintenir fermés les établissements scolaires pour cette journée. Plusieurs citoyens n’avaient pas d’électricité. Lydec avait enregistré la coupure de 120 postes d’électricité. Presque toutes les infrastructures destinées à l’évacuation des eaux pluviales avaient montré leurs limites.



· Laâyoune, le prix d’une guéguerre PAM-Istiqlal


Malheureux et regrettables, les événements, qui ont secoué Laâyoune les 8 et 9 novembre 2010, marqueront à coup sûr et à jamais les esprits. D’autant plus qu’ils auraient pu être évités avec un minimum de clairvoyance politique. Faut-il rappeler en cette fin d’année que ces événements ont fait 12 morts parmi les forces de l’ordre et des dizaines de blessés ? Certainement, pour la simple raison que parfois l’on a la mémoire courte même si Laâyoune n’a pas encore tout à fait pansé ses plaies. Et qu’elle affiche encore un taux de chômage de près de 20% parmi la population des jeunes. Un taux qui a été exacerbé par le retour de centaines de jeunes qui ont perdu leur travail en Espagne, principalement dans les îles Canaries.
Ces événements ont également prouvé que l’approche sécuritaire privilégiée à outrance par les pouvoirs publics a montré ses limites. Approche qui aurait pu gagner en efficacité si elle avait été accompagnée par une autre, socio-économique celle-là et à double portée. En se rapprochant des jeunes, on aurait été au fait de leurs besoins et attentes. En leur offrant du travail, on les aurait occupé plutôt que les laisser se faire embrigader par les séparatistes.



· L’UMT prend un bain de jouvence


UN secrétaire général s’en est allé, un autre est élu. L’Union marocaine du travail (UMT) aura connu en 2010 deux évènements qui vont certainement marquer son histoire. D’abord le décès de Mahjoub Benseddik qui a présidé aux destinées de la centrale syndicale depuis sa création. Et ensuite, l’élection d’un nouveau secrétaire général en la personne de Miloudi Mouklharik qui a longtemps évolué dans l’ombre de Benseddik. En 50 ans, l’UMT n’aura eu que deux «patrons». Une attente qui en dit long sur la situation de «non démocratie» qui prévalait au sein de la centrale syndicale. Il faut dire que le défunt Mahjoub Benseddik avait mis main basse sur le syndicat qu’il avait fondé. Moins de trois mois donc après la mortde son vieux leader, l’UMT a voulu se donner une nouvelle jeunesse. Nouvelle conception de la gestion, encore plus de transparence dans les finances de la centrale, direction collégiale, plus grande ouverture sur la presse et l’opinion publique, meilleure communication avec les adhérents et donc avec la base, échanges avec des syndicats d’autres pays. Tels sont les grands traits tracés par la nouvelle direction. Disposition importante: le secrétaire général élu ne peut remplir plus de deux mandats de quatre années chacun.

 

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ouzarf 01/01/2011 16:58


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