Archive : La cité aux 1.200 printemps, 5 BONNES RAISONS D'ALLER A FES

Publié le par Foire2Fès

L'ancienne capitale du Maroc fête cette année ses 1.200 ans. Point besoin de crème de beauté ou de cure de jouvence : la cité impériale conserve ses attraits ancestraux sans pour autant se scléroser. Carrefour des cultures, mélange de traditions et de modernité, spirituelle tout autant que divertissante, Fès vous garantit le dépaysement. Petit tour dans ses ruelles cosmopolites, entre musique, spiritualité et tajines.
La place Jemaa El'Fna, le week-end à la Palmeraie… Quand on parle voyage au Maroc, tout le monde pense à Marrakech. Si la ville ne manque pas de charme, le royaume recèle bien d'autres trésors. Quoi de mieux pour connaître un pays que de revenir à ses sources, là où tout a commencé ? Le coeur du Maroc a battu pour la première fois à Fès. Et la cité impériale n'a pas pour seul atout celui de l'antériorité.


Une Athènes africaine

Zoom
Longtemps surnommée l'Athènes de l'Afrique, Fès reste plusieurs siècles le coeur spirituel et intellectuel de la région, et le carrefour de nombreuses cultures. Sous l'influence des familles exilées de Kairouan, la mosquée Al Quaraouiyine est construite en 859. Conçue autant comme un lieu d'enseignement que de prière, l'une des plus vieilles universités du monde s'étend sur un demi-hectare et accueille les plus grands intellectuels de l'époque. Aux Xe et XIIe, elle participe de l'âge d'or du monde arabo-musulman, pendant lequel les sciences et techniques se développent, avec la lecture critique d'oeuvres de l'Antiquité en médecine, mathématique, physique et astronomie. Les travaux des philosophes Avenpace, Averroès, Maïmonide, de l'historien Ibn'Khaldoun ou encore de l'écrivain Ibn'Arabi rayonnent bien au-delà de l'Orient et influencent considérablement la civilisation occidentale. Encore aujourd'hui, Fès conserve son aura spirituelle pour bien des croyants, du fait de son importance dans ce courant mystique de l'Islam. Un festival de la culture soufie se tient d'ailleurs dans la cité chaque année.


"Fes"tivals de musique

Zoom
Mais c'est pour ses festivals musicaux, toujours empreints de spiritualité, que Fès se distingue. Le plus connu est sans doute le Festival des Musiques sacrées du monde. Chaque année en juin, des artistes tels que Youssou N'Dour, Ravi Shankar ou Salif Keita rendent hommage aux mélodies fassi et de nombreuses animations annexes, conférences ou projections de films, sont organisées. L'ONU a d'ailleurs salué la ville de Fès en 2001 pour "son rôle majeur dans la promotion du dialogue des cultures et des religions". Chacun peut trouver de quoi combler ses attentes durant les nombreux autres événements musicaux de l'année : le festival de musique andalouse, celui de la musique malhoun, de la culture amazigh et, surtout, le festival Jazz in Riads qui propose des concerts aux quatre coins de la ville.



Un patrimoine reconnu

Zoom
Des festivals qui sont autant d'occasions de sillonner Fès et ainsi découvrir une architecture qui, à elle seule, justifie un séjour dans la cité impériale. La Médina, surtout, mérite le détour. Classée patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco, Fès el-Bali (vieux Fès) conserve en effet un charme ensorcelant. 9.400 ruelles dans lesquelles se perdre : un enchevêtrement de mosquées, petites cours, riads, fondouks, mausolées et jardins... Et puis il y a les souks. Chaque zone a son corps de métier. Dans un coin, le souk Henna, où l'on vend des produits de beauté ancestraux, du savon noir au gant de hammam en passant par l'eau de rose ou le khôl. Dans un autre, le souk Attarine, marché aux épices où couleurs et senteurs affolent les sens. Enfin, impossible de quitter la médina de Fès sans passer par le quartier des tanneurs. L'odeur chatouillera cette fois vos narines de façon beaucoup moins agréable - la fiente de pigeon est l'un des produits utilisés pour assouplir le cuir, mais découvrir le travail des peaux et les puits emplis de teintes régalera malgré tout les yeux.


Le palais dans tous ses états

Zoom
Vos papilles gustatives aussi devraient apprécier leur séjour : la cuisine fassi est réputée pour être la plus raffinée de tout le royaume. Il n'y a pas en effet une mais des cuisines marocaines et celle de la région de Fès se distingue très nettement. On y retrouve, dans la grande variété de sa gastronomie, des siècles d'ouverture et d'échanges avec les autres peuples. Un festival de l'art culinaire où des chefs de renommée internationale sont conviés se tient d'ailleurs à Fès chaque année. Ici, on ne plaisante pas avec la cuisine. Au Maroc, le repas revêt une importance peut-être encore plus conséquente qu'en France. Moment privilégié et familial, les Marocains rentrent déjeuner chez eux le midi et être convié à partager leur repas est le véritable signe d'une hospitalité conviviale. La découverte de la cuisine marocaine apparaît donc essentielle dans l'expérimentation réelle du pays. Vous serez enthousiasmé par le mariage subtil de sucré-salé, le goût d'agrumes, les saveurs du miel, de la cannelle, de l'eau de fleur d'oranger... Harira, pastilla aux pigeons, tajine qamama ou poulet m'charmel aux olives vous feront apprécier une dimension supplémentaire de la ville millénaire.


Carrefour des temps et des cultures

Zoom
La ville est cependant loin de s'être transformée en vestige patrimonial figé. Si elle conserve des traditions séculaires, elle est tout aussi ancrée dans la modernité. Comme à Casablanca ou Rabat, les styles de vie dans la plus vieille ville impériale du Maroc sont multiples. On s'intéresse à la mode parisienne, on achète des téléphones dernier cri et on prend des cours de salsa. Quelques années après sa création, Fès accueillait déjà plusieurs centaines de réfugiés politiques de Cordoue, des juifs andalous et 300 familles d'artisans et commerçants expulsés de Kerouan (actuelle Tunisie). La ville est ensuite devenue haut lieu de commerce, échangeant ainsi avec un large spectre du pays. Depuis toujours, tout en conservant son identité, la ville s'enrichit de celles des autres. Si l'Unesco aide à préserver la médina, la ville de Fès a aussi lancé cette année un vaste projet de dynamisation touristique et artisanale de la région. Une évolution sans perdre racine qui caractérise Fès et qui en dit peut-être long sur l'avenir du Royaume du Maroc.
 
Source : 
www.evene.fr

Commenter cet article