Crise: L’automobile taille toujours dans les effectifs

Publié le par Foire2Fès

Les pertes d’emploi se poursuivent dans les secteurs touchés par la crise. A fin juin 2009, le textile, le tourisme, l’hôtellerie, l’automobile et le BTP ont déclaré moins de salariés à la CNSS. Dans l’automobile, les baisses tournent autour de 16%, soit 3.576 salariés en moins.
Le textile n’est pas non plus au meilleur de sa forme. Il enregistre un recul de 7,45% de ses effectifs, soit 9.216 salariés. Du moins ceux qui sont déclarés, le textile et le BTP étant toujours les fiefs de l’informel. Ce qui biaise les statistiques et pose des difficultés aux instances officielles à établir une évaluation précise des dégâts de la crise. Même les statistiques de la CNSS sont «approximatives» puisque les entreprises prennent souvent «leur temps» avant de déclarer les salariés. Il faut donc attendre quelques mois, voire une année avant d’avoir les chiffres définitifs.
Pour le mois de juin, la masse salariale globale déclarée à la CNSS n’a pas accusé le coup de ces baisses. Elle a même augmenté de 5,22% sous l’effet de la bonne tenue des autres secteurs tels que l’agroalimentaire.
Sur les six derniers mois, la période la plus critique pour l’automobile reste le mois de juin. Les équipementiers ont enregistré une baisse des effectifs de 15%. Pour autant, les industriels restent confiants, encouragés en cela par la légère reprise en Europe, laquelle est favorisée par la prime à la casse. En tout cas, les prémices de la reprise sont là. Du moins selon Larbi Belarbi, président de la fédération de l’automobile à la CGEM. «Des réajustements se font en Europe comme au Maroc. La compétitivité du Maroc lui permettra d’améliorer son carnet de commandes pour les troisième et quatrième trimestres», affirme Belarbi. Il explique aussi que pendant la période critique, qui coïncide avec les premiers mois de l’année, les entrepreneurs marocains ont fait preuve de dynamisme: «Ils sont partis à la recherche de commandes supplémentaires».
Conscient des exigences de ses clients, le secteur a également mis le paquet sur la formation. Un plan est mis en place avec l’objectif de renforcer les compétences au cours des trois prochaines années.
Dans l’électronique, la situation est morose. Dans cette branche, 21% des effectifs ont disparu des registres de la CNSS. Ce qui s’est traduit par une baisse de 24% de la masse salariale déclarée par ce secteur, laquelle s’est établie à 19,24 millions de dirhams.
L’activité électrique n’a pas été non plus épargnée. Les entreprises qui y opèrent sont depuis le début de l’année sur une politique de réduction des effectifs. Dès janvier 2009, près de 10% des salariés y travaillant n’ont pas été déclarés à la CNSS. En mai, la tendance s’est poursuivie atteignant 15,5%.
L’aéronautique, jusque-là préservé, a également connu une légère fluctuation de ses effectifs en juin avec une baisse de 1,45%. Un recul à mettre certainement sur le retard enregistré par les entreprises dans les déclarations des salariés. En tout cas, durant les premiers mois de l’année, cette activité a embauché du monde. Le niveau des recrutements tournait autour de + 20%.
Dans le textile, les dégâts sur l’emploi se poursuivent. Le pic en termes de pertes d’emplois est enregistré en avril avec 9,5% de salariés en moins. C’est surtout la région de Rabat qui a le plus pâti. Les réductions du personnel ayant parfois dépassé la moyenne nationale de 9 à 10 points. Liées au Royaume-Uni, les entreprises de la région ont accusé le coup de la dévaluation de la livre sterling et celui de la crise financière.
A Fès, le président de l’Amith reste optimiste. «Nous sommes sur la moyenne nationale avec des pertes d’emplois de 10%. Nous restons confiants surtout qu’une légère reprise de la consommation est constatée chez nos clients. Nous verrons à la rentrée», affirme Said Belkhayat, président de l’Amith Fès. Des contacts ont été noués, des visites des partenaires effectuées… et même des promesses de commandes ont été enregistrées. Mais dans ce secteur, rien n’est sûr et les industriels préfèrent attendre avant de se prononcer.

KHADIJA MASMOUDI
l'economiste

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