De ruelle en ruelle dans la médina de Fès

Publié le par Foire2Fès

Bien moins fréquentée par les voyageurs que Marrakech, Fès, qui vient de fêter ses 1200 ans, a bien d'autres charmes. Pour une première approche de l'ancienne capitale du Maroc, il convient de prendre de la hauteur. De monter sur les collines bleutées, vertes et ocres qui dominent la ville. Ainsi se dévoile, prisonnière d'un écrin rocailleux et végétal, l'imposante médina, fourmilière dans laquelle vivent des centaines de milliers de personnes.
Depuis le Moyen Âge, la médina de Fès est l'une des plus importantes cités d'Afrique du Nord. Tous les corps de métiers s'y côtoient : des tanneurs aux tisserands en passant par les herboristes. Lors de la visite des tanneries, l'on vous offre un brin de menthe pour faire passer l'odeur des peaux de bêtes qui trempent dans les colorants naturels. Mais Fès est avant tout une capitale spirituelle, aux mille mosquées et écoles coraniques. À chaque coin de rue de la médina, on découvre un chef-d'œuvre architectural, telle la Qaraouiyine, mosquée-université fondée en 859. À deux pas de là, des madrasas, écoles co­ra­niques, d'une beauté sobre et lumineuse, aux magnifiques plafonds sculptés en bois de cèdre, sont ouvertes au public.
Fès est un haut lieu de l'Islam soufi. Une terre de pèlerinage pour les ti­dianes, l'une des plus influentes confréries mu­sulmanes d'Afrique de l'Ouest. Sur la route de La Mecque, les pèlerins font souvent escale à Fès.

Chaque année, en juin, la ville accueille un grand festival des musiques sa­crées du monde, qui fait la part belle aux chants soufis. Les appels des muezzins se mêlent aux sons de la ville : les marteaux des forgerons, les sabots des ânes - moyen de transport le plus usité dans la médina - mais aussi les mélodies arabo-andalouses.

Dans cette cité très prospère, la richesse ne devait pas s'étaler. Ainsi les plus beaux riads sont cachés au fond des plus étroites venelles. Certains sont devenus des hôtels somptueux, des havres de paix. Des riads ont récemment ouvert leurs portes dans les quar­tiers modestes. "Grâ­ce aux revenus du tourisme, nous pouvons continuer à habiter dans notre riad", explique une mère de famille qui accueille depuis peu des voyageurs venus du monde entier. Sa fille ap­précie la présence des étrangers: "Actuellement, nous logeons des Américains. Cela me permet de me familiariser avec leur langue et leur culture. En vivant ensemble, en partageant le pain et le thé, nous apprenons à accepter les différences. Marocains ou étrangers, nous nous ressemblons beaucoup, malgré les différences de religion."é

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