Federer est redevenu n°1: pour longtemps ?

Publié le par Foire2Fès

Revenu au sommet de son art, Roger Federer peut espérer que son sixième sacre à Wimbledon, son 15e en Grand Chelem, marquera le début d'une nouvelle période de suprématie, même si des obstacles perdurent. Quelques mois difficiles, de janvier 2008 à mai 2009, avaient suscité des rumeurs sur un possible déclin. Mais dimanche, Federer ne boudait pas son plaisir d'avoir fait mentir les Cassandre, lâchant aux journalistes en
conclusion de sa conférence de presse: "Vous aviez tort. J'avais raison..."

Au même moment, les "bookmakers" britanniques acceptaient les paris sur 20 sacres dans les "majors". L'Américain Pete Sampras, déchu de son record de 14 trophées, table "sur 18 ou 19". Plus qu'à Roland-Garros encore, le niveau de jeu du Suisse à Londres donne raison aux plus optimistes.

 

Pas si vieux

Son âge (28 ans en août), n'est pas un obstacle rédhibitoire. A l'exception de Bjorn Borg (retraité), Mats Wilander, Stefan Edberg et John McEnroe, tous les plus grands joueurs ont remporté au moins un grand tournoi passé cet âge: Rod Laver (5), Andre Agassi (5), Jimmy Connors (3), Ivan Lendl (2), Pete Sampras (2)
ou Boris Becker (1). Et à l'US Open, le prochain tournoi, Federer reste sur cinq victoires consécutives.

 

Physiquement impressionnant

Sur le plan physique, Federer est impressionnant, comme l'a montré sa finale fleuve contre Roddick. Selon Sampras, autant qu'un artiste, le Suisse est "un athlète fantastique" et aussi un combattant. "On lui rend hommage pour beaucoup de choses mais pas pour tous ces matches où il se bat comme un chien. Parce
qu'il donne l'impression que c'est facile", relève Roddick.

Wimbledon 2009 était son 39e Tournoi du Grand Chelem consécutif... Même s'il a été affaibli par la maladie début 2008, il peut compter sur son corps, alors que ses principaux adversaires rencontrent quelques problèmes.

 

L'épine Nadal

Rafael Nadal était diminué à Roland-Garros par des douleurs aux genoux qui l'ont ensuite forcé à renoncer à défendre son titre à Wimbledon et les "arrivants", Andy Murray et Novak Djokovic, apparaissent plus fragiles. Depuis leur arrivée parmi les "Majors" en 2005, le Britannique a raté Roland-Garros et Wimbledon en 2007 par la faute d'une blessure au poignet, alors que le Serbe a abandonné quatre fois en cours de tournoi.

Les autres ne représentent pas pour l'heure une menace crédible, une situation joliment résumée par le N.5 mondial, l'Argentin Juan Martin Del Potro qui se décrit comme "le meilleur des mauvais".

Reste à savoir si, installé au sommet de l'histoire du tennis, Federer restera animé de la même soif de vaincre? "Il n'y a pas de ligne d'arrivée, c'est loin d'être fini", promettait-il dimanche. Mais il reconnaissait aussi: "Ce sont des mois monstrueux dans ma carrière. Cela va être difficile de revivre ça, j'en suis conscient."

Mais plus que motivation, la principale inconnue reste Nadal, la seule épine dans le pied du Suisse. Si l'Espagnol surmonte ses problèmes de genoux et revient à son meilleur niveau, l'obstacle sera de taille. En sept finales de Grand Chelem, Federer n'a gagné que sur le gazon de Wimbledon, pendant que l'Espagnol le battait cinq fois, sur toutes les surfaces. La dernière fois, à l'Open d'Australie début 2009.

A l'époque, Andre Agassi, parmi beaucoup d'autres, avait annoncé que l'avenir appartenait à Nadal qu'il pensait capable de réussir le premier Grand Chelem depuis Rod Laver en 1969. A en croire ses larmes de désespoir à Melbourne, le Suisse le craignait sans doute. Mais comme il le relevait lui-même dimanche: "En tennis, cela change très vite". Dans tous les sens.

 

Source : rtlinfo.be

Commenter cet article