1.000 petits barrages d’ici 2030

Publié le par Foire2Fès

 · Une retenue actuelle de 400 millions de m3
· Irrigation de 23.000 hectares
1985 est une date clé dans l’histoire du Maroc dans le domaine de l’eau. L’idée de construire des petits barrages Barrage au Marocd’intérêt d’abord local s’est concrétisée durant cette année avec le lancement d’un ambitieux programme. «Ce grand chantier de réalisation de petits et moyens barrages se poursuit avec une cadence soutenue dans le cadre de la stratégie renouvelée du secteur de l’eau», a affirmé Abdelkébir Zahoud, secrétaire d’Etat chargé de l’eau et de l’environnement, lors d’un séminaire, tenu les 1er et 2 février à Rabat, sur «l’expérience marocaine dans le domaine des petits barrages». Organisée conjointement par le Secrétariat d’Etat chargé de l’eau et de l’environnement et la Banque islamique de développement (BID), la rencontre avait pour objectif d’examiner de plus près l’expérience marocaine dans le domaine des petits barrages en vue de parvenir, au terme des réflexions et des débats, à une démarche méthodologique, permettant la conception et la réalisation des petits ouvrages hydrauliques dans les conditions les plus optimales. Zahoud a souligné, également, l’efficience de la politique de construction des barrages lancée par le Maroc depuis 1967. «Grâce à cette politique, nous avons pu faire face aux carences en eau et ce, en dépit des ressources limitées dont nous disposons et de la mauvaise répartition de ces dernières dans le temps et l’espace», a-t-il ajouté.
Pour sa part, Ahmed Mohamed Ali, président de la BID, s’est dit prêt à poursuivre les efforts de soutien à l’investissement dans le secteur de l’eau. «Notre objectif, c’est d’établir de sérieux partenariats entre les pays membres de la BID et l’ensemble des organisations de développement pour une gestion rationnelle des ressources hydriques», a-t-il indiqué. Au cours de ce séminaire, les professionnels marocains et les décideurs des administrations publiques ainsi que les représentants d’une vingtaine de pays membres de la BID se sont félicités des progrès du Maroc en matière de planification des ressources en eau.
L’expérience pionnière du Royaume dans ce domaine en général et dans la réalisation des petits barrages en particulier est, en effet, le fruit d’une politique volontariste. Le programme des lacs collinaires et de petites retenues a facilité l’accès à l’eau aux régions éloignées des grands ouvrages. Il a eu des répercussions socioéconomiques favorables sur la population rurale, en repoussant la pauvreté et en assurant la formation de la main-d’œuvre locale. Le programme a permis, également, à de nombreux bureaux d’études nationaux de voir le jour et à l’ingénierie nationale d’acquérir une expertise et un savoir-faire considérables. Les bailleurs de fonds sont devenus de plus en plus enthousiastes, ce qui a permis la création d’une centaine de barrages. En effet, l’administration marocaine a pu mettre en valeur les avantages du mode de réalisation des ouvrages en régie. La pertinence de cette méthode a été bien accueillie par certains pays, notamment le Japon qui a apporté son aide à cette expérience par l’octroi de trois dons (en 1987, 1989 et 1996) d’un montant global d’environ 137 millions de DH destinés à l’acquisition du matériel et engins de travaux publics. La Chine et la Belgique ont également apporté leur pierre à l’édifice en octroyant chacune un don similaire en 2008. Au total, 74 petits barrages, 83 lacs collinaires et autres ouvrages et aménagements hydrauliques ont vu le jour dans le cadre d’une mise en œuvre rationnelle et économe des moyens du service public par la méthode «régie». Ces ouvrages peuvent stocker actuellement un volume d’environ 400 millions de m3. Une retenue qui est destinée à l’irrigation de près de 23.000 ha, à l’alimentation en eau potable des populations limitrophes, à l’abreuvement du cheptel, à la réalimentation des nappes souterraines locales et, dans certains cas, à la protection des populations et des biens contre les inondations.
L’efficacité de l’expérience marocaine est confortée dans le cadre de la nouvelle stratégie du secteur de l’eau qui ambitionne de réaliser 1.000 petits barrages et lacs collinaires d’ici 2030, soit un engagement pour la construction de 50 petits barrages par an.


Le premier à Jerrada


La première convention bilatérale, signée entre les départements en charge de l’Intérieur et des Travaux publics (en 1985), avait pour objectif de réaliser huit barrages collinaires dans les provinces d’Oujda, Khémisset, Settat, Marrakech et Agadir. Réalisé en régie, le premier petit barrage marocain a vu le jour dans la province de Jerrada (wilaya d’Oujda). Il s’agit du barrage Sidi Ali sur l’oued du même nom à 15 km du centre d’Aïn Béni Mathar. L’expérience a été réussie, ce qui a engagé (en 1986) une deuxième convention pour la réalisation d’une seconde série de 14 ouvrages. Dans ce cadre, le barrage Aïn Koreïma, situé sur l’oued Akrach à 20 km de la ville de Rabat, a inauguré la nouvelle technique de construction des barrages en béton compacté au rouleau au Maroc. Une opération qui s’est caractérisée par son originalité d’utilisation des matériaux alluvionnaires naturels provenant des oueds environnants sans correction granulométrique.

Bouchra SABIB

   L'economiste

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